Samedi 23 février 2008

Depuis la première fois depuis 30 ans, le président attaque la presse en justice. Le SMS qu’aurait envoyé le président de la République à son ex femme fait débat.

Il pose le problème de la proximité entre les hommes politiques et journalistes politiques. Et du copinage par conséquent. Il relance aussi le débat de la déontologie du journalisme. Le président a-t-il envoyé ce texto proposant à Cécilia de tout annuler si elle revenait ? Et si c’est vrai le journaliste qui aurait balancé Nicolas Sarkozy doit-il rapporter ce genre d’information au lecteur en l’occurrence du Nouvel obs ? Toujours est-il que depuis sa médiatisation sur sa vie publique, le président de la République doit faire face de plus en plus à des attaques sur ce terrain-là.

Sylvia Zappi, journaliste au Monde évoque lors d’une interview son point de vue sur la question du rapport journaliste-homme politique.

Quel selon vous le domaine, la zone de définition du journalisme politique ?

Il faut savoir que c’est un domaine particulier, déontologique mais en même temps qui les mêmes règles qui s’appliquent à tous les domaines. Il y a un discours sur les faits à décoder, il faut connaître les mouvements des politiques et leur fonctionnement sans être embarquer.

Il y a-t-il un affrontement entre logique d’information et communication ?

On doit creuser l’information, pour voir comment l’information se passe, ce qui également une certaine vigilance.

Peut-on encore être passionné de politique dans ces conditions ?

Il y a toujours un discours convenu, encore des gens convaincus. Des petites forces politiques militantes du parti communiste, ou encore de l’extrême gauche. Chez eux, il n’y a pas d’arrivisme. Le « copinage » est absent et ils croient à ce qu’ils font. Il y a un véritable engagement de leur part. Mais aussi à droite, Nicolas Sarkozy est convaincu de son discours. Je ne suis pas dans le discours de dénigrement de la politique car il y a encore beaucoup associatif.

Et la sympathie avec les hommes politiques ?

On peut en avoir et c’est normal. J’en trouve touchant par leur sincérité parfois. Mais à avoir trop de sympathie on risque d’avoir de l’empathie et là c’est embêtant.

Peut-il avoir un danger lorsqu’on mélange sympathie humaine et idéologie ?

Lorsque l’on mélange les oui et qu’on les conjugue. Mais il faut garder ses distances et éviter au maximum d’avoir des amitiés qui se traduisent par des dîners. C est pour cela qu’il changer régulièrement de secteur tous les 5-6 ans mais le problème est qu’il faut réapprendre les méthodes pour travailler. Mais dans ces cas là on rencontre des gens nouveau et il n’a pas de connivence.

Existe-il un journalisme de cercle ?

Bien sur que ça existe quand on reste dan le même secteur pendant 10 ou 15 ans. C’est pour cela qu’on change régulièrement et ça maintient une certaine curiosité éveillée.

Le problème aujourd'hui est que certains hommes politiques veulent faire passer des messages en « off ». C'est agaçant car ils veulent manipuler le journaliste et il faut le dire.

Y a-t-il du copinages dans le milieu ?

Du copinage, il y en a beaucoup mais tout le monde ne s'y prête pas par exemple chez Marie-Georges Buffet, ça n'existe pas. Mais il y a toujours des jeux pervers du genre : je te valorise, tu me valorises...

En résumé : Le journalisme reste beaucoup dans l'écume des choses. Les journalistes selon les domaines peuvent appronfondir. En politique, c'est différent, il existe une dimension de parcours personnel mais il faut rester à la surface des choses sans être superficiel.

 

Par Quintus d'Arriaule
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